Fiches de lecture en vedette
Make Your Own Job: How The Entrepreneurial Work Ethic Exhausted America
Dans Make Your Own Job, Erik Baker retrace l’histoire culturelle de l’idéologie entrepreneuriale aux États-Unis et analyse sa centralité dans la manière contemporaine de penser le travail. Il montre comment, depuis la fin du XIXe siècle, les discours de développement personnel, les traditions religieuses protestantes et les théories managériales ont progressivement fusionné pour promouvoir une éthique valorisant l’initiative individuelle, la créativité et l’auto-entrepreneuriat. Cette « éthique entrepreneuriale du travail » transforme la précarité économique en opportunité morale : l’individu est sommé de s’adapter, de se réinventer, de « créer son propre emploi ».
Our History Is the Future
Dans Our History Is the Future, Nick Estes retrace la lutte contre le Dakota Access Pipeline comme l’un des derniers chapitres d’une histoire longue de souveraineté et de résistance autochtones. S’appuyant sur la tradition militante et spirituelle des nations sioux, il articule une critique du colonialisme de peuplement, du capitalisme extractif et de l’impérialisme américain. À travers une lecture radicalement historique de la mobilisation de Standing Rock, Estes met en lumière les continuités politiques entre les traités brisés, les guerres indiennes, le mouvement Red Power, et les luttes environnementales contemporaines. L’ouvrage affirme que la libération autochtone ne passe pas par l’intégration à l’État colonial, mais par la résurgence d’une souveraineté ancrée dans la terre, la mémoire et les pratiques collectives.
Dernières fiches publiées
Abolition. Feminism. Now.
Abolition. Feminism. Now. est à la fois une célébration du travail de libération, une généalogie des mouvements, un appel à l’action et un défi lancé à celles et ceux qui considèrent l’abolition et le féminisme comme des projets politiques distincts – voire incompatibles.
Are Prisons Obsolete?
Dans Are Prisons Obsolete?, Angela Davis propose une critique historique et politique du système carcéral américain, qu’elle présente comme hérité de l’esclavage, de la ségrégation et du racisme institutionnel. Elle démontre que la prison n’est pas une réponse « naturelle » au crime, mais une construction sociale liée à des intérêts économiques, raciaux et politiques, cristallisés dans ce qu’elle nomme le prison industrial complex. Davis met en lumière les effets genrés et racialisés de l’enfermement, notamment sur les femmes racisées, et critique le réformisme qui renforce souvent le système. Elle appelle à une perspective abolitionniste, fondée sur la décarcération, la justice réparatrice, et la décriminalisation des pratiques ciblant les populations marginalisées. Plutôt que de chercher une alternative unique à la prison, elle plaide pour une transformation structurelle de la société, afin de rendre les prisons obsolètes.


